Le port de Dieppe privé de sa desserte ferroviaire directe vers Paris

Lors du SITL 2025, nous avons rencontré la société Dieppe Maritime, en charge de la gestion de l’infrastructure du port de Dieppe. Petit port situé à proximité de Rouen et impacté par le développement du port du Havre, principal port de Normandie, Dieppe cherche sa place et joue sa carte de la proximité et de l’efficacité.

Interrogée sur le développement du fret ferroviaire, une responsable de Dieppe Maritime nous confirme qu’il y a toujours des rails sur le port même de Dieppe, mais que plus aucun train n’achemine ou récupère de la marchandise. Pourtant, avec l’ère de la décarbonation, l’embranchement ferroviaire de ce port fait sens.

La transformation de la voie ferrée entre Dieppe et Serqueux (ce que l’on appelle London – Paris) a complètement détruit les ambitions du port qui aurait pu devenir une sorte de port secondaire Normand, moins cher et plus proche de Paris. Aujourd’hui, si train il y a, il faudrait passer par Rouen (déjà surchargée) ou encore Amiens (très gros détour). Et retransformer la piste cyclable en voie ferrée (qui ferait sens) est hors de question, même si cette piste cyclable n’est pas fréquentée hors période estivale et n’apporte pas grand chose en termes de retombées économiques pour les villes traversées.

Le port de Dieppe risque de ne jamais se développer comme il le faut à cause de ce manque d’infrastructure…

La ligne ferroviaire de Dreux à Orléans n’intéresse plus personne ?

Si la ligne entre entre Dreux et Orléans en passant par Chartres n’a pas été déclassée (sauf une toute petite section à Chartres qui permettait de ne pas passer par la gare pour relier Orléans à Dreux), plus aucun ne circule sur cette voie stratégique, hormis sur la section Chartres – Voves et, pour le fret uniquement, entre Orléans et le sur de Voves.

Pourtant, cette voie (qui allait jusqu’à Rouen mais qui a été en grande partie déferré de Dreux à Evreux et d’Evreux à Elbeuf) était autrefois stratégique. Les céréaliers pouvaient dans le temps compter sur le train pour transporter les céréales jusqu’au port de Rouen. Il y également des zones industrielles raccordables qui pourraient s’appuyer sur du fret ferroviaire.

Pour le transport de personnes, on pourrait imaginer des petites navettes pour du direct Dreux-Chartres-Orléans, et des omnibus pour desservir les gares intermédiaires. Pour les étudiants, pour aller de Chartres à Orléans, c’est l’autocar obligatoire et pourtant, la circulation est difficile, entraînant des retards.

Malgré tous les avantages que peuvent apporter la réouverture de ce tronçon, cela ne semble susciter aucun engouement, hormis pour le député de Dreux. Les riverains, les personnes qui auraient tout intérêt à avoir une option train au lieu de la voiture, les grands céréaliers qui pourraient faire des économies avec un train au lieu d’une vingtaine de camions, semblent désintéressés.

Est-ce que Dreux-Chartres est une voie vouée à devenir une nouvelle piste cyclable, et est-ce que la section Voves – Orléans est définitivement enterrée ?