Plusieurs nouveaux services de fret ferroviaire en 2025, enfin une bonne année ?

La géographie des autoroutes ferroviaires en France devrait connaître un enrichissement majeur avec la mise en service au printemps de la liaison Cherbourg – Bayonne. En préparation depuis plusieurs années, ce projet vise à améliorer l’offre de transport entre l’Espagne et les Iles Britanniques via le port du Cotentin, et pour une capacité annuelle de 28 000 semi-remorques routières à terme.

Egalement positionnées sur des axes internationaux, de nouvelles relations directes rail-route sont attendues, comme entre Valenton et Daventry au premier semestre, offrant une liaison directe entre l’agglomération parisienne et le cœur logistique de l’Angleterre, sur l’axe Londres – Birmingham. Toujours depuis Paris, les liaisons vers l’Italie devraient rouvrir suite à la remise en service de la Maurienne. On prévoit encore de nouvelles liaisons entre Dourges et l’Allemagne et entre Dourges et la Pologne.

Enfin, en liaisons domestiques, l’offre devrait notamment s’enrichir d’un nouveau service entre Valenton et Nancy/Metz, donc sur une distance plus courte mais très demandée par les chargeurs.

Source : GNTC

SITL, entretien avec un responsable de la plateforme multimodale Delta 3

Le Salon de l’Innovation Transport & Logistic était l’occasion pour les principaux acteurs dans le transport multimodal de faire valoir leur savoir-faire et leurs spécificités. Delta 3, immense plateforme située à Dourges dans le Pas-de-Calais, était représenté par Eric Guenther, que nous avons rencontré et interviewé.

Après des années fastes, un repli

L’année 2020 a été une année sensiblement identique à l’année 2019. L’activité logistique et transport s’est maintenue pendant les confinements, la consommation a continué différemment (e-commerce, click and collect). 2021 et 2022 ont été des années de croissance forte : respectivement +8% et + 12% en nombre d’UTI transbordées sur Delta 3. L’année 2023 n’a pas été une bonne année pour le transport combiné que ce soit en Europe, en France, ou sur Delta 3.  Les raisons sont multiples : les problèmes d’infrastructure en Suisse ou en vallée de la Maurienne, l’augmentation des prix de l’énergie, les conflits sociaux du début d’année, les perturbations du commerce international, etc. Les intempéries de fin d’année dans les Hauts de France ont de plus engendré un arrêt des navigations fluviales au mois de décembre, ce qui a impacté l’activité du terminal.

Les 3 trains en provenance de Chine se sont arrêtés en raison du conflit en Ukraine. Ces trains empruntent le tracé Nord de la Route de la Soie qui passe par Russie et la Biélorussie.

Un train test entre Wuhan et Dourges a néanmoins été réalisé fin janvier et s’est bien déroulé. L’opérateur DB Schenker envisage un autre train test depuis une autre ville de Chine à déterminer au printemps prochain.

De 12 à 15 trains par jour en 2022, le trafic ferroviaire global du terminal est passé à 10 ou 12 trains par jour. Cette baisse est cohérente avec les chiffres constatés au niveau national et européen

Vers un nouveau rebond

Malgré ce contexte difficile, Eric Guenther est confiant en l’avenir, 2024 s’annonce une année de possible reprise avec de nouveaux contacts qui souhaitent étudier l’ouverture de nouveaux services vers l’Espagne, L’Italie du Nord, et potentiellement vers l’Europe centrale et orientale où le report modal et le transport combiné en particulier représentent une part de marché importante du transport de marchandises.

Dans cette dynamique, Delta 3 a lancé des études d’extension du terminal. Cette extension consistera en une nouvelle cour rail-route constituée de 5 nouvelles voies ferrées de 850m utiles et 2 portiques de chargement / déchargement afin d’anticiper la création de ces nouveaux services. Ces études ainsi que les travaux de construction doivent s’anticiper et dureront entre 3 et 5 ans.