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SITL, entretien avec un responsable de la plateforme multimodale Delta 3
Le Salon de l’Innovation Transport & Logistic était l’occasion pour les principaux acteurs dans le transport multimodal de faire valoir leur savoir-faire et leurs spécificités. Delta 3, immense plateforme située à Dourges dans le Pas-de-Calais, était représenté par Eric Guenther, que nous avons rencontré et interviewé.

Après des années fastes, un repli
L’année 2020 a été une année sensiblement identique à l’année 2019. L’activité logistique et transport s’est maintenue pendant les confinements, la consommation a continué différemment (e-commerce, click and collect). 2021 et 2022 ont été des années de croissance forte : respectivement +8% et + 12% en nombre d’UTI transbordées sur Delta 3. L’année 2023 n’a pas été une bonne année pour le transport combiné que ce soit en Europe, en France, ou sur Delta 3. Les raisons sont multiples : les problèmes d’infrastructure en Suisse ou en vallée de la Maurienne, l’augmentation des prix de l’énergie, les conflits sociaux du début d’année, les perturbations du commerce international, etc. Les intempéries de fin d’année dans les Hauts de France ont de plus engendré un arrêt des navigations fluviales au mois de décembre, ce qui a impacté l’activité du terminal.
Les 3 trains en provenance de Chine se sont arrêtés en raison du conflit en Ukraine. Ces trains empruntent le tracé Nord de la Route de la Soie qui passe par Russie et la Biélorussie.
Un train test entre Wuhan et Dourges a néanmoins été réalisé fin janvier et s’est bien déroulé. L’opérateur DB Schenker envisage un autre train test depuis une autre ville de Chine à déterminer au printemps prochain.
De 12 à 15 trains par jour en 2022, le trafic ferroviaire global du terminal est passé à 10 ou 12 trains par jour. Cette baisse est cohérente avec les chiffres constatés au niveau national et européen
Vers un nouveau rebond
Malgré ce contexte difficile, Eric Guenther est confiant en l’avenir, 2024 s’annonce une année de possible reprise avec de nouveaux contacts qui souhaitent étudier l’ouverture de nouveaux services vers l’Espagne, L’Italie du Nord, et potentiellement vers l’Europe centrale et orientale où le report modal et le transport combiné en particulier représentent une part de marché importante du transport de marchandises.
Dans cette dynamique, Delta 3 a lancé des études d’extension du terminal. Cette extension consistera en une nouvelle cour rail-route constituée de 5 nouvelles voies ferrées de 850m utiles et 2 portiques de chargement / déchargement afin d’anticiper la création de ces nouveaux services. Ces études ainsi que les travaux de construction doivent s’anticiper et dureront entre 3 et 5 ans.
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SITL, rencontre avec DB Cargo France, acteur majeur dans le fret ferroviaire Français
DB Cargo France était présente au Salon de l’Innovation Transport & Logistique à Villepinte cette année, avec un nombre impressionnant de personnel, allant du technique au marketing, avec même la présence du patron, Alexandre Gallo. Les employés avaient même des chaussures avec stickers DB Cargo, pour se démarquer.
Nous avons rencontré Laurence Moskal, Ingénieur Commercial, avec qui nous nous sommes entretenus.

Les activités de DB Cargo France sont impactées par des aléas et des contraintes de volumes
Comme toutes les entreprises ferroviaires en France, DB Cargo France a subi de plein fouet les grèves SNCF (Réseau notamment) début 2023, avec des trains bloqués, des clients mécontents, et une véritable pagaille dans la planification des flux.
L’éboulement dans la vallée de la Maurienne a également beaucoup impacté DB Cargo France avec des flux à l’arrêt, détournés par la Suisse, avec ces coûts et des délais allongés. Un flux pour PSA a d’ailleurs été arrêté, celui-ci ayant été transféré sur la route. A noter que le flux Vénissieux – Italie doit faire un détour…par Forbach pour se maintenir ! Une partie du personnel à Modane a pu être muté ailleurs mais hélas, ce ne fut pas le cas de tout le monde. En cas de redémarrage, il faudra recruter pour assurer les différents services qui étaient assurés jusqu’au jour de l’éboulement.
Autre sujet d’inquiétude, la baisse de volume sur le Railnet, flux spécialisé pour desservir des wagons isolés principalement entre l’Allemagne et l’Espagne. La baisse de volume vient essentiellement de l’Allemagne.
Les activités DB Cargo France en hausse et les nouveaux trafics en cours de négociation
Mais il n’y a pas que des mauvaises nouvelles chez DB Cargo France, bien au contraire ! L’année 2024 s’annonce bien meilleure avec la récupération de nombreux flux de SNCF Fret (discontinuité de service), notamment avec un flux VIIA Calais – Le Boulou, mais aussi l’ensemble des flux Kombiverkehr et le Dourges – Perpignan de Novatrans.

D’ici quelques semaines, DB Cargo France assurera le deuxième flux Calais – Le Boulou de VIIA, et se bat sur d’autres appels d’offres pour asseoir sa position en tant que leader dans le fret ferroviaire privé.
A noter également que DB Cargo France est en négociation avec Cargobeamer pour augmenter le nombre de rotations Calais – Perpignan.
2025, vers un équilibre et de nouvelles perspectives
S’il n’y a pas de grèves ou d’événements majeurs sur le réseau, DB Cargo France devrait passer dans le vert en 2025. DB Cargo France a également renforcé récemment son dispositif de centres de formation pour recruter et former des conducteurs et du personnel au sol. Si Laurence Moskal indique que les volontaires ne sont pas rares, beaucoup abandonnent au bout de quelques années à cause des contraintes liées au rythme de vie (déplacements, hôtel, missions de nuit, complexité des normes dans le ferroviaire…).
Laurence Moskal est également inquiète de l’arrivée prochaine des Megatrucks (camions de 60 tonnes) qui pourraient impacter une partie du business model de DB Cargo France. Mais l’impact devrait être limité compte-tenu de la diversité des activités de la filiale de DB Cargo.
Nous remercions Laurence Moskal pour cet entretien et toutes ces informations.
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SITL, rencontre avec Cargobeamer spécialisée dans le ferroutage
La société Allemande Cargobeamer participe à de nombreux salons et tout naturellement qu’elle occupait un stand au Salon de l’Innovation Transport & Logistique. Nous avons rencontré Catherine Mounga, Account Manager, avec qui nous nous sommes entretenus.

Une volonté de développer le marché Français malgré un contexte difficile
Il y a peu, Cargobeamer proposait jusqu’à 3 réseaux sur le marché Français : le Calais – Perpignan, le Calais – Domodossola et le Neuss – Perpignan. Aujourd’hui, seul le Calais – Perpignan est encore actif, avec seulement 2 rotations par semaine.
Cargobeamer a mis le paquet sur sa ligne historique Kaldenkirchen – Domodossola, qui ne passe pas par la France.

Mais Catherine Mounga annonce de bonnes nouvelles : Cargobeamer travaille activement sur le redémarrage du Calais – Domodossola, avec une ouverture aux alentours du mois de septembre. Cargobeamer prévoit pour le moment 3 rotations par semaine pour cette liaison. Deux tractionnaires ont montré leur intérêt pour assurer la traction, Cargobeamer devrait choisir dans les prochaines semaines.

Le Calais – Perpignan devrait voir son nombre de rotations passer de 2 à 4 fin 2024 selon Catherine Mounga. Le gros souci étant de trouver des gros chargeurs notamment en provenance de la péninsule Ibérique.
Pas de réouverture du Neuss/Kaldenkirchen – Perpignan à court terme
Bien entendu, nous avons posé la question concernant la ligne Neuss – Perpignan suspendue en automne 2023, qui connaissait un certain succès avec un chargement correct. La suspension de cette ligne a été une surprise pour de nombreux employés Cargobeamer dont Catherine Mounga, qui estime que la décision a été prise quasiment à la tête de la société. Cette liaison avait certes un remplissage moyen mais en progression, mais n’était pas rentable. Les dirigeants de Cargobeamer ont décidé d’y mettre fin, pour le moment en tout cas.

Il n’est donc pas prévu de rouvrir une liaison entre le nord de l’Allemagne et Perpignan en 2024, mais rien ne dit que ce serait définitivement enterré. Catherine Mounga semble confiante en l’avenir, l’ouverture du Bari-Domodossola étant un succès, et la décarbonation des transports étant devenu un sujet de préoccupation majeur chez de nombreux chargeurs.
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SITL, rencontre avec Naviland Cargo qui recentre ses activités sur la route au lieu du rail
La société Naviland Cargo (Naviland) était présente au Salon de l’Innovation Transport & Logistique à Villepinte cette année, au sein d’un impressionnant stand RLE (Rail Logistics Europe) du groupe SNCF. Nous en avons appris un peu plus avec cette filiale qui dispose de sa propre capacité de traction.Des années difficiles avant un possible rebond
Ce n’est une surprise pour personne : l’année 2023 a été désastreuse pour les activités ferroviaires en France et Naviland d’y a pas échappé. Les grèves et le coût de l’électricité ont beaucoup impacté Naviland qui a vue une contraction significative de ses activités.
L’année 2024 devrait être l’année de la stabilisation des flux. Il y a encore quelques impacts non négligeables à cause des mouvements sociaux mais l’année s’annonce un peu plus joyeuse pour Naviland. Fin 2023, la nouveau flux entre Tours et Barcelone a redonné du baume au coeur aux employés. Et Naviland reste à l’écoute du marché, avec comme objectif premier de continuer à fidéliser et consolider les flux, tout en espérant augmenter le nombre de rotations, en fonction de la demande des chargeurs.
Cap vers le transport routier pour Naviland
Si sur les rails Naviland ne voit pas de croissance facile dans les prochaines années, la route devrait lui apporter plus de succès, puisque la société mise sur ce report modal inversé et sur l’augmentation du transport de marchandise par ce biais. 17 agences en Europe s’occupent du transport par route et des investissements significatifs ont été réalisés pour ouvrir ou développer des flux routiers.
Naviland entend ainsi diversifier ses activités, la route étant un vecteur de croissance significatif, au grand dam des passionnés du rail…
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FRET SNCF expérimente pour ses locomotives les huiles végétales et graisses recyclées
Fret SNCF lance le premier train de fret français circulant au HVO 100, un bio carburant produit à partir d’huiles végétales et graisses recyclées.
Cette expérimentation est menée en partenariat avec EQIOM, pour permettre une baisse significative des émissions de CO2.Fret SNCF propose déjà la meilleure performance bas carbone en France avec près de 90 % des tonnes/km transportées avec ses locomotives électriques.
En 2023, en nous confiant ses transports, EQIOM a réduit de plus de 8500 tonnes ses émissions de gaz à effet de serre, par rapport à un transport routier au gasoil.
Cette expérimentation confirme l’engagement d’EQIOM dans une logistique bas carbone.

@ Jean-Christophe Grandvalet
Source : LinkedIn
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SITL 2024 : des centaines d’exposants sur la logistiques y compris des acteurs du fret ferroviaire
Le Salon de l’Innovation Transport & Logistique (SITL) a débuté hier au Parc des Expositions de Villepinte et se poursuivra demain jusqu’en fin d’après-midi. Nous nous sommes rendus sur place et nous avons pu observer le sérieux de cette manifestation, mais aussi le nombre impressionnant d’exposants, allant de la PME à la multinationale, spécialisés dans les logiciels, le matériel, les transports ou les services divers.

Nous avons pu rencontrer de nombreux acteurs dans le domaine du ferroviaire (SNCF Réseau, DB Cargo France, Captrain, Forwardis, Regiorail, Europorte, Cargobeamer et bien d’autres encore). Nous reviendrons avec une série d’articles avec des informations très intéressantes pour le développement du fret ferroviaire.
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Le parlement Européen donne le feu vert aux méga-camions en France

Est-ce la fin du fret ferroviaire ou en tout cas, un gros coup de poignard ? Le parlement Européen vient de donner le feu vert pour que les méga-camions (25 mètres de long, 60 tonnes) puissent emprunter nos routes.

Les libéraux, les socialistes et la droite ont voté massivement pour cette autorisation. L’extrême-gauche et l’extrême droite massivement contre ou se sont abstenues.
Pour rappel, ces méga-camions rouleront au diesel et ne sont pas compatibles avec le transport combiné.
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La future directive européenne sur les Poids et Dimensions des Camions en Europe est inacceptable et contraire aux enjeux climatiques et économiques de La France !

@Alamy
L’Alliance 4F, qui représente tous les acteurs du secteur du fret ferroviaire français, appelle les parlementaires européens à rejeter la généralisa>on des 44 tonnes et à s’opposer au projet d’autorisa>on des megatrucks. Elle demande également au Gouvernement français de protéger ses citoyens en s’opposant à ces camions en trafic transfrontalier, en complète opposition avec les engagements pris lors des Accords de Paris et pour un Green Deal européen.
Le Parlement européen se prépare à voter une révision cruciale de la directive sur les poids et dimensions des camions en Europe, avec des implications significatives pour la sécurité, l’économie et l’environnement. La directive propose d’augmenter les limites actuelles, en permettant le passage pour les flux transfrontaliers des camions de 40 à 44 tonnes, et en autorisant les megatrucks à passer les frontières, des mastodontes de plus de 25 mètres de long et pesant jusqu’à 60 tonnes, interdits même aux États-Unis.
La révision envisagée soulève des inquiétudes majeures, notamment en matière de sécurité routière, d’impacts économiques et environnementaux et de distorsion concurrentielle entre les modes de transport. Alors que le vote est prévu la semaine du 11 mars à Strasbourg, l’Alliance 4F, représentant la filière du fret ferroviaire français et du transport combiné rail-route, s’oppose fermement à cette directive aux conséquences potentiellement dévastatrices.
Vous pouvez retrouver en pièce-jointe une note d’information exposant les principaux arguments de tous les acteurs contre cette directive :
- L’adoption aujourd’hui de cette directive met en péril la sécurité sur les routes de citoyens français et européens. Des camions plus lourds et plus longs sur des routes déjà congestionnées, c’est 80% de risques d’accidents en plus par rapport au transport ferroviaire.
- Cette directive est poussée par les pays européens champions du dumping social, dont les camions ne font que traverser la France sans payer le coût des infrastructures.
- Des camions plus lourds vont user prématurément nos routes et nécessiter d’adapter nos infrastructures (ponts, ronds-points…) aux seuls frais des contribuables français.
- La directive compromet fortement le développement du fret ferroviaire et du transport combiné rail-route, le plus vertueux, salué et encouragé par la France et la Commission européenne.
- L’adoption de cettee directive aurait comme conséquence immédiate une augmentation considérable des émissions de CO2, car elle permet jusqu’en 2035 (au minimum) à ces camions de fonctionner au diesel…
Où est le Green Deal qui lutte contre le changement climatique et censé protéger les Européens ?
Source : communiqué Alliance 4F
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Fret SNCF gagne un contrat de 3 ans pour délivrer les sources Alma
Les Sources ALMA choisissent de nouveau le fret ferroviaire avec Fret SNCF pour une durée de 3 ans.
Chaque semaine, au départ de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, des eaux conditionnées en palettes sont expédiées pour desservir la Région Île-de-France et la Région Bretagne, grâce au système de transport mutualisé proposé par Fret SNCF.Une belle victoire pour Fret SNCF, alors que la concurrence sur ce créneau est rude.

Source : Fret SNCF
